Sep 102012
 

Sur le groupe Facebook de "pédagogie et compagnie" on pouvait lire ce matin un article très intéressant concernant de petits trucs pour mieux intervenir auprès des enfants dysphasiques en classe ou à la maison.

Voici le lien: https://www.facebook.com/notes/oc%C3%A9an-ortho/la-r%C3%A9education-des-enfants-dysphasique/252473618190594

Sachant que Facebook n'est pas accessible dans certains milieux éducatifs, je me permets d'abuser du copier/coller en vous encourageant à visiter la page Facebook de l'auteur.

 

 

La rééducation des enfants dysphasiques

par Océan Ortho, samedi 9 juin 2012, 14:15 ·

Que proposer ?

 

  •  
  • En cas de doute, il peut être utile de discuter avec son médecin d’un bilan pluridisciplinaire: orthophonique, ORL (avec, si cela est possible, une évaluation auditive), neuropédiatrique, psychologique.
  • A trois ans, il n’est pas trop tôt pour envisager un bilan (peut-être même plus tôt dans certains cas surtout si on suspecte un problème d’audition ou si l’enfant présente des difficultés de compréhension lorsqu’on s’adresse à lui).
  • Chez le jeune enfant, de trois ou quatre ans, une hypothèse de dysphasie peut être avancée .On aura cependant besoin du recul de la réponse à l’intervention orthophonique pour affiner le diagnostic.
  • Un examen neuropsychologique peut ensuite s’avérer indiqué pour aider à clarifier le portrait complexe de certaines dysphasies en vue de connaître les forces et les déficits de l’enfant, ses compétences cognitives et les moyens de rééducation appropriés.

"Une fois le diagnostic posé, nous avons ressenti un certain soulagement de savoir enfin ce qu’il avait. Que ce n’était pas de notre faute ni celle de notre enfant. Il n’y arrivait tout simplement pas."

"Cela fait mal mais, enfin, on pourra l’aider"

Qui s’occupera de l’enfant dysphasique ?

Principalement l’orthophoniste-logopède, en lien avec les parents

«Un enfant dysphasique va être aidé de façon absolument personnalisée, intensive… et prolongée»

«Une intervention langagière ne pourra être que limitée si elle ne s’occupe que de l’enfant ou si elle ne parvient pas à faire participer l’entourage au processus de construction de la communication et du langage. L’objet de l’intervention devrait être l’ensemble de la structure interactive qui permet l’acquisition du langage: l’enfant, la mère et le père, le reste de la famille, ses compagnons»

La guidance parentale vise avant tout à encourager les parents «à maintenir un échange et une relation satisfaisante avec leur enfant» 

Éventuellement d’autres thérapeutes, selon la présence de difficultés associées.

Le plus souvent interviendront alors psychomotriciens, ergothérapeutes, physiothérapeutes ou psychologues.

 

Recommandations pour une meilleure intervention auprès des enfants dysphasiques

 

Problèmes au niveau du langage réceptif

  1. Attirer l'attention de l'enfant quand on lui adresse un message.

     

    1. Nommer l'enfant.
    2. S'assurer d'un contact visuel et même physique (épaule, main…).
    3. Mimer le message quand c'est possible.
    4. Exagérer les gestes pour frapper l'imagination.
  2. Ajuster la complexité du message verbal selon le niveau de compréhension de l'enfant.

     

    1. Diminuer la quantité d'information à traiter pour une consigne donnée.
    2. Ne donner qu'une consigne à la fois.
    3. Utiliser des mots de vocabulaire connus de l'enfant.
    4. Favoriser la communication à travers des éléments concrets.
    5. Ralentir le débit verbal.
  3. Reformuler le même message.

     

    1. Utiliser la redondance, la répétition, le rephrasage (sans surcharge inutile).
    2. Reproduire le message par écrit, par dessins, par pictogrammes.
  4. Vérifier la compréhension verbale de l'enfant.

     

    1. Permettre à l'enfant de répéter le message entendu.
    2. Ajouter les éléments qui manquent.
    3. Poser des questions sur le message.

Problèmes au niveau du langage expressif

 

Rendre disponible les aides visuelles pour faciliter la communication. Inciter à produire des gestes de communication non verbale.

Vérifier la compréhension du message de l'enfant par une demande de reformulation.

Amener l'élève à illustrer son message, son raisonnement, sa démarche.

Développer ses habiletés métaphonologiques (nombre de syllabes du mot à évoquer, phonème initial, terminaison).

Sensibiliser l'enfant aux règles morphologiques de formation des mots (radical et terminaison, suffixe et préfixe).

 

 

Organisation fonctionnelle de la classe

  •  
  •  
  • Etablir une routine très simple au début.
  • Planifier de façon détaillée les éléments de la routine.
  • Complexifier la routine progressivement.
  • Illustrer la routine par des images, des pictogrammes.
  • Prévoir un support visuel pour signaler les événements spéciaux.
  • Se référer à un calendrier (horaire) pour toute gestion du temps.
  • Etablir des règles claires de communication.
  • Ne tolérer qu'un seul élève parle à la fois.
  • Etre consistant dans ses demandes, constant dans ses exigences.
  • Etre persévérant dans l'application d'un plan d'intervention; le plan trop élaboré dès le départ risque d'être rigide et difficile d'application; il vaut mieux rajouter des éléments progressivement au plan que d'en retrancher.
  • Varier le type d'activités sur un même thème.
  • Prévoir des activités de courtes durée.
  • Alterner les activités verbales et celles impliquant de la manipulation.
  • Utiliser les pairs pour vérifier la compréhension d'un enfant dysphasique.

Organisation matérielle de la classe

Eviter la mobilité de la classe (réorganisation fréquente des pupitres).

Placer l'enfant près du professeur, loin des fenêtres, loin de la porte, de manière à ce qu'il puisse voir l'enseignant (ou l'interlocuteur).

Eviter la sur-stimulation: trop d'images peut être aussi dommageable que trop de mots.

Pour favoriser les apprentissages

  • Faire de nombreuses démonstrations.
  • Favoriser la modélisation, l'imitation.
  • Automatiser le plus possible.

Pour l'enseignant et le parent

Avoir une communication fréquente avec les parents des enfants en difficulté.

Ne pas attendre la "catastrophe", informer d'avance qu'on souhaite une communication fréquente en raison des difficultés qu'éprouve l'enfant.

Evaluer fréquemment les enfants à risques afin d'éviter la mauvaise surprise.

Solliciter l'aide des parents.

Indiquer aux parent un thème qui sera prochainement discuté en classe (via l'agenda de l'enfant) pour qu'ils abordent le vocabulaire de ce thème avec leur enfant; ils peuvent être des agents intermédiaires intéressants.

Contrôler les efforts; il faut se rappeler que l'enfant doit constamment fournir un effort pour suivre le rythme des activités de la classe; il est normal qu'il se fatigue plus vite que les autres enfants. Il faut donc lui fournir de courtes périodes d'explications et accorder plus souvent de pauses.

Si les parents vivent difficilement l'insuccès scolaire et l'échec des devoirs à la maison: demander un tiers … pour assumer régulièrement la supervision des devoirs et des leçons. Quelquefois la distance "affective" entre le sujet (l'élève) et l'agent (celui qui aide) peut être souhaitable voire nécessaire.

 

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