Mar 122012
 

Depuis quelque temps, je me questionne sur ma façon d’accompagner les différents milieux, élèves et intervenants. Je vous l’ai déjà mentionné dans le passé, je ne suis qu’un « gentil CP TIC » entouré presque quotidiennement de spécialistes du langage, d’orthopédagogues, orthophonistes et autres professionnels de l’éducation et de la santé.

Présentement, je réfléchis sur « LE » meilleur accompagnement possible, celui qui serait presque infaillible et qui ferait de moi un meilleur conseiller techno pédagogique. Est-ce qu’un tel type d’accompagnement existe? À ce jour, j’en arrive à la conclusion que pour être efficace, je dois systématiquement me mettre dans la peau de l’élève qui utilise les outils d’aide technologique afin de mieux comprendre où peuvent se situer les problématiques. Mais suis-je dans l’erreur?

Être dans la peau de l’élève c’est entre autres,  bien comprendre sa situation, connaître ses limitations, mais aussi et surtout, connaître ses forces. Il peut être parfois difficile ou hasardeux, de tenter ce type d’exercice réflexif sans définir certaines balises ou avant d’entrer en scène car, en matière d’utilisation des aides technologiques il y a un écart entre l’élève en situation de besoin et l’intervenant(e) en ce qui concerne:

– les connaissances de base liées à l’utilisation d’un ordinateur (utilisation du clavier, sauvegarde, activation de profil et mise à jour)
– les manœuvres techniques dans une perspective d’utilisation optimale des différentes fonctions d’aide
– le lien à faire entre la tâche proposée et le choix de l’outil

Là où ça se complique, c’est quand l’intervenant et l’élève sont en situation de quasi détresse quant à l’utilisation du matériel technologique. Il n’est pas rare de voir un intervenant avec un niveau d’aisance TIC peu élevé, transférer son stress et sa nervosité à son élève. Il ne faut pas croire non plus que nos jeunes sont toujours plus outillés que nous et aiment assurément la technologie. Il est clair que PERSONNE N’EST TENU DE TOUT SAVOIR ET DE TOUT CONNAÎTRE (autant la quincaillerie que les logiciels)  et c’est bien vrai. Mais, si le besoin de base a  été bien identifié dès le début du processus, il sera plus facile de cibler certains apprentissages et d’aider l’élève à développer ses propres stratégies et de mieux juger du temps où il faut utiliser un outil en particulier (comme dans le processus de rédaction).
Ce qui m’amène à vous demander de partager ici sous forme de commentaires, vos bons coups, vos stratégies d’entrée en matière ou tout ce qui semble bien fonctionner lorsque vous devez accompagner un élève utilisant un outil d’aide à la lecture ou à l’écriture. Vous n’avez pas idée comment cela m’aiderait à adapter mes interventions techno pédagogiques! Bien sûr, je laisse et laisserai toujours les professionnels s’exécuter du point de vue de l’orthopédagogie ou de l’orthophonie mais JE VEUX COMPRENDRE ET APPRENDRE!

Le sujet vous appartient !

  One Response to “Dans la peau de…”

  1. Allo Richard,

    Mes commentaires sont sans prétention. Je réfléchis moi même sur la question…

    Excuse les tournures de phrases boiteuses, il est tard…

    Pour ma part, je crois qu’on doit être réalistes dans nos attentes et nos objectifs fixés avec l’élève dans le besoin. Il faut aussi prendre en considération nos propres compétences au niveau des TIC. Sans prétendre avoir la meilleure et la plus grande expérience en matière d’outils d’aide à la lecture et à l’écriture, j’ai tout de même VOLONTAIREMENT (sans que cela me soit imposé) expérimenté avec quelques élèves l’utilisation de différents outils. Je mentionne volontairement, parce que je crois que ça eu un impact important sur mon « aisance » et mon intérêt à développer ma compétence TIC. Ce qui me permet aujourd’hui d’avoir une réflexion semblable au sujet de l’accompagnement de mes élèves. Cela me permet aussi de mieux m’organiser, de prendre le temps nécessaire à la réflexion pour être plus efficace et à l’aise. J’ai l’air très « connaissante » face à certains profs et parents. Je n’ai pas toujours la chanson qui vient avec. Je pense que l’attitude qu’on adopte (le calme, l’engouement, l’attitude positive quoi!) contribue fortement à mettre les gens en confiance.
    Un « must » pour y arriver… se donner des conditions gagnantes, c’est-à-dire :

    1) d’abord accepter le fait que l’on ne connaît pas tout de l’outil enseigné à l’élève. L’utilisation des aides à la lecture et à l’écriture est tout de même nouvelle. Il faut accepter d’apprendre et de découvrir (parfois en même temps que l’élève) certaines fonctions des outils et certaines utilisations plus efficaces. À force de les utiliser et de les enseigner, nous développerons de meilleures stratégies d’utilisation. La nouveauté en éducation fait partie de notre quotidien et ces nouveautés arrivent rarement avec des recettes d’utilisation infaillibles. Il n’est pas réaliste de croire que l’on va d’abord maîtriser l’outil avant de l’enseigner. Pas actuellement ! Il nous faudrait beaucoup trop de temps à notre horaire pour tout apprendre! De plus, il y a des tonnes d’outils différents qui sortent sur le marché (on s’entend que les compagnies voient bien le cash à faire). Pour certaine personnes, chaque outil devient différent même s’il présente des fonctions semblables (Ça dépend de notre aisance en informatique et de capacité de transfert).

    2) Aussi, en tant qu’orthopédagogue, considérer l’enseignement des outils comme faisant partie d’un soutien orthopédagogique. Il faut donc prévoir des séances à l’horaire. Actuellement, j’ai un élève que je suis 3 X 30 minutes par semaine jusqu’en juin uniquement pour qu’il maîtrise ses aides à la lecture et à l’écriture.

    3) Mon prochain mandat, convaincre l’équipe école de l’importance d’amener les élèves à devenir autonome avec un environnement informatique. Leur parler des impacts positifs à développer certaines compétences TIC. Actuellement, je prévois passer quelques temps avec mon élève uniquement pour savoir comment ouvrir sa session, se familiariser avec le vocabulaire (ex. : fichier, enregistrer, etc.). Sans vouloir en faire des pros de la programmation, je crois qu’il y a certaines connaissances de base qui sont essentielles. Ça va, éventuellement, me faire économiser beaucoup de temps.

    4) Autre stratégie gagnante : Impliquer le parent. D’abord, les rencontrer. Il faut leur expliquer les raisons pour lesquels nous jugeons que l’utilisation des outils est essentielle. Quand la compréhension du parent y est, on peut débuter le travail de collaboration. Cette année, j’ai délégué au parent le développement du doigté en précisant les attentes et comment développer cette habileté. L’utilisation de Tap Touche via le BV facilite grandement l’autonomie du parent s’il a internet bien entendu. J’ai modélisé au parent son utilisation.

    5) Autre aspect non négligeable pour faciliter l’acceptation de l’utilisation des outils en classe : Je m’occupe de tout! Et oui, ce n’est pas simple cette année, mais graduellement, ça me permet, lorsque je suis en classe d’accompagner non seulement l’élève mais aussi l’enseignante. De plus en plus, je sens une certaine confiance et aisance de leur part. Ce n’est pas parfait, mais avec le temps j’ai confiance que ça viendra. Pour le moment, je me rends disponible pour répondre à tout problème technique (entre 2 séances, à la pause, au diner, après l’école…), j’organise l’environnement de travail en classe, je fais les achats ou les demandes d’outils. J’ai aussi un réseau de contact qui m’aide beaucoup ( Mijanou, toi, le technicien, la responsable TIC de mon école). J’aimerais l’élargir avec d’autres orthopédagogues. Mine de rien, tout ces gens peuvent m’aider en répondant rapidement à certaines questions en partageant leur propres expériences. Je n’ai pas peur de demander de l’aide. J’ai tellement appris depuis les 5 dernières années.

    6) Développer son expertise un outil à la fois. De mon côté, j’ai d’abord commencé avec le Lexibook. Ce qui m’a amené à réfléchir sur le doute orthographique nécessaire à l’utilisation efficace de cet outil. Ce qui m’a par la suite amené à porter un jugement sur cette même compétence pour tous les autres outils d’aide à l’écriture. Graduellement, d’un outil à l’autre, je transfert mes connaissances. Je n’ai pas tout mené de front. C’est trop gros! En plus, on nous bombarde de nouveautés dans ce domaine… Je sais bien que nos élèves ont des besoins différents et que l’on aura à travailler avec des outils différents. Mais on ne peut tous les maîtriser en même temps. Je crois qu’un outil peut nous aider à en comprendre un autre et un autre, etc. Ce sont les fonctions d’aide qu’il faut comprendre.

    7) Je pense aussi, qu’on va devoir accepter de se tromper. Déjà, je me sens plus compétente que l’an dernier. Éventuellement, je vais cibler de façon plus efficace l’outil qui répondra au besoin de mon élève. Mais entre temps, il est possible que j’essaie plus d’un outil avec lui avant de trouver celui qui répondra le mieux à ses besoins. Ça fait partie de la « game » et il faut se détendre un peu par rapport à ça!! L’important c’est de ne pas abandonner l’élève! Tant qu’on est en processus ou en démarche de résolution de problème avec lui, tant qu’il sent qu’on est avec lui et qu’on l’accompagne dans ses difficultés, qu’on sait que l’on peut se réajuster… C’est beaucoup mieux, à mon avis, que de ne pas essayer et laisser (involontairement, mais quand même…) l’élève avec ses difficultés et voir que l’écart avec les autres élèves grandi, le voir se décourager et lui-même abandonner….
    Voilà…

    *********************************************
    Caty Martel, orthopédagogue

     

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