Oct 212010
 

Notre collègue Jean Chouinard a répondu plus tôt cette semaine à certaines interrogations des milieux concernant le sujet de ce billet c’est à dire les « Balises techniques pour l’épreuve ministérielle en écriture en français »

Voici un résumé TRÈS éclairant pour les intervenants de nos différentes C.S.

Merci à Jean! et oui encore une fois ;o)

« L’info Sanction 554 qui est depuis intégrée au Guide de gestion de la Sanction des études au secondaire autorise les élèves ayant un trouble d’apprentissage à utiliser des aides à l’écriture y compris des aides à la correction pour faire leur épreuve ministérielle d’écriture. Les différentes fonctions d’aide de l’outil Antidote sont donc autorisées. Ici, il n’est pas question d’autoriser un produit ou d’en refuser un autre; ce sont plutôt les fonctions d’aide qui sont autorisées ou non admises.  »

« Il y a 6 éléments à considérer dans l’autorisation d’une fonction d’aide :  »

1-Infaillibilité de l’aide : l’outil ne doit pas être infaillible. S’il l’était, « il ferait la tâche à la place de l’élève ». Heureusement, je ne connais pas d’outil infaillible. La Direction de la sanction des études n’autorise pas 2 types de fonctions d’aide en lien avec 2 types d’évaluation;
A) les traducteurs : ici, on n’autorise pas les logiciels de traduction de langue (ex:français vers l’anglais). Même s’ils ne sont pas infaillibles, la Direction de la Sanction des études considère qu’ils font la tâche pour l’élève.
B) les logiciels de traduction de l’orale à l’écrit : ici, on parle de dictée vocale ou son synonyme la reconnaissance vocale qui permet de convertir la voix humaine en texte numérique en respectant les règles d’orthographe et de grammaire. La reconnaissance vocale est certes la fonction d’aide qui se rapproche le plus de l’infaillibilité, mais sans l’atteindre, car elle dépend de différents facteurs (qualité de la voix, qualité de l’équipement, qualité de la syntaxe, persévérance) pour qu’elle soit véritablement efficace. Toutefois, la restriction ne s’applique qu’à l’examen d’écriture. Si la compétence à évaluer ne concerne pas les compétences à écrire, l’élève est autorisé à l’utiliser. Ex. : il pourrait donner ses réponses dans un examen de lecture/compréhension. Il pourrait également utiliser la dictée vocale pour un examen d’histoire.

2- Offrir un choix. : L’outil doit offrir un choix à l’élève. Dans tous les cas, les correcteurs proposent à l’élève d’accepter ou non la correction proposée. Word le fait, Antidote même s’il propose des corrections laisse le soin à l’auteur d’accepter ou non la correction. De plus, comme l’outil n’est pas infaillible, il peut offrir des choix erronés. Ce qui nous amène au 3e point

3- La prise de décision de l’élève (son autonomie): Peu importe ce que l’outil va lui proposer, l’élève est le maître à bord à l’égard de son texte. C’est à lui que revient la décision et il doit la prendre, d’accepter ou non la correction proposée. Peu importe l’outil de révision/correction, l’élève doit décider. Ici, il est hors de question pour l’élève qui utiliserait Antidote de cliquer sur « Correction automatique ” ; ça va contre l’esprit de l’infoSanction 554 ; de plus, c’est inefficace.

4- Faire la triangulation : il est vrai que pour être admissible à l’évaluation l’aide technologique doit être inscrite au plan d’intervention. Mais ce n’est pas suffisant. Il doit y avoir une adéquation entre le besoin de l’élève, la fonction d’aide choisie et ce qui doit être évalué. Cette triangulation permet de vérifier si l’aide choisie doit être considérée comme une adaptation ou une modification.

5- Caractère indispensable de l’aide : Il faut également démontrer que l’outil est indispensable pour répondre au besoin de l’élève. Cet élément est fondamental.

6-  Maintenir la pédagogie avec les aides: Pour que l’élève conserve son autonomie et sa prise de décision, c’est là que la PÉDAGOGIE entre en ligne de compte : les aides à l’écriture ne sont pas uniquement là pour « corriger le texte » de l’élève (faut briser ce mythe), elles sont d’abord des “Aides à l’APPRENTISSAGE »; il est impératif de maintenir l’enseignement des stratégies cognitives avec l’outil comme on le fait sans l’outil. On doit montrer à l’élève à être responsable de l’utilisation de l’outil; il doit l’utiliser de façon intelligente, efficace et responsable. Les intervenants doivent lui montrer à l’utiliser en ces sens avec des stratégies métacognitives. C’est à nous à enseigner à l’élève à utiliser son aide à la correction de façon à ce qu’il prenne toujours des décisions : il doit comparer les suggestions du logiciel avec ce qu’il écrit, il doit profiter du fait que le logiciel lui indique un « potentiel de faute » pour vérifier la règle grammaticale, il doit écouter attentivement la lecture de la synthèse vocale pour vérifier s’il y a des mots mal écrits, ou s’il y a un problème de syntaxe dans sa phrase ou l’absence d’un mot. Ce n’est pas l’outil seulement, c’est l’élève, son outil et l’enseignant ou l’intervenant en appui à l’élève. L’élève doit non seulement bien maîtriser techniquement son outil, mais également bien le maîtriser pédagogiquement.  De là, le suivi est important. On doit s’assurer que l’élève respecte ses conditions en cours d’année. Ne jamais le laisser seul face à ses aides technologiques. Enfin, personnellement, j’apprends beaucoup avec mon réviseur/correcteur « Antidote »; j’apprends des nouveaux mots, je comprends des règles de grammaire, je substitue le bon mot au mot dit familier, je n’hésite plus avec l’accord des verbes ou l’orthographe d’un mot…. bref j’APPRENDS. L’AIDE À L’ÉCRITURE ET À LA CORRECTION EST FONDAMENTALEMENT UNE AIDE À L’APPRENTISSAGE ». C’est pour ça que la maîtrise de l’aide technologique devient une compétence et qu’il faut la considérer comme telle pour l’évaluation.

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